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Mon chien m’ignore : est-ce vraiment de la désobéissance?

Photo du rédacteur: Kim Carbonneau
Kim Carbonneau
il y a 23 heures
3 min de lecture

Il connaît parfaitement le assis à la maison, mais dehors, il ne m’écoute plus! C’est une phrase qu’on entend souvent lorsqu’on parle d’éducation canine. On peut rapidement avoir l’impression que notre chien fait exprès, qu’il est têtu ou qu’il a simplement décidé de ne plus coopérer. Pourtant, ce qui ressemble à de la désobéissance est parfois beaucoup plus simple que ça.


Un chien peut très bien avoir appris un comportement dans une situation précise sans pour autant être capable de le reproduire partout. À la maison, par exemple, l’environnement est familier et généralement beaucoup plus calme. Il connaît les lieux, les odeurs et les routines. Lorsqu’on lui demande un « assis », il sait exactement ce qu’on attend de lui et il y a peu de choses qui viennent détourner son attention.


Maintenant, imaginez le même chien dehors. Il y a les odeurs laissées par les autres chiens, une personne qui passe, une voiture qui arrive, un écureuil qui traverse, un bruit un peu étrange ou encore un autre chien au loin. Pour nous, demander un « assis » peut sembler être exactement la même chose qu’à la maison. Pour le chien, le contexte est complètement différent.


C’est là que la généralisation entre en jeu. Lorsqu’un chien apprend un comportement, il ne comprend pas nécessairement dès le départ que ce comportement peut être utilisé dans toutes les situations. Il faut donc lui permettre de pratiquer dans différents environnements, en augmentant graduellement le niveau de distraction. Un comportement bien acquis dans le salon peut devoir être retravaillé dans la cour, puis dans une rue tranquille, avant d’être demandé dans un endroit beaucoup plus stimulant.


Il faut aussi tenir compte de l’état émotionnel du chien. Un chien très excité, inquiet ou stressé n’a pas nécessairement la même capacité d’apprentissage qu’un chien calme. Lorsqu’il est complètement absorbé par ce qui se passe autour de lui, répéter notre demande plus fort ou plusieurs fois ne va pas forcément l’aider à comprendre. Dans certains cas, la meilleure chose à faire est simplement de prendre un peu de distance, de diminuer la difficulté et de lui permettre de retrouver un état dans lequel il est capable de réfléchir.


C’est pourquoi j’aime davantage me demander « qu’est-ce qui rend cette situation difficile pour mon chien? » plutôt que de simplement penser qu’il ne m’écoute pas.


Est-ce qu’il connaît réellement le comportement dans ce contexte? Est-ce qu’il y a trop de distractions? Est-ce qu’il est trop excité? Est-ce qu’il est inquiet? Est-ce que la demande est trop difficile pour le niveau où il se trouve actuellement?


Ces questions permettent de voir l’éducation canine autrement. On ne cherche pas simplement à obtenir une réponse à tout prix. On cherche à créer les conditions qui permettent au chien de réussir.


Et parfois, ça signifie faire un pas en arrière. Si votre chien réussit parfaitement son rappel dans votre cour, mais qu’il ne revient pas lorsqu’il voit un écureuil au parc, ce n’est pas nécessairement le moment de tester son rappel au milieu de toutes les distractions possibles. On peut recommencer dans un environnement un peu plus facile, récompenser les bonnes réponses et augmenter graduellement la difficulté.


Ce n’est pas reculer. C’est construire un apprentissage solide.


Après tout, nous aussi, nous apprenons mieux lorsque la difficulté augmente progressivement. On ne s’attendrait pas à ce qu’une personne qui vient d’apprendre à conduire soit immédiatement capable de gérer une autoroute à l’heure de pointe. Pour le chien, c’est la même logique : connaître une compétence et être capable de l’utiliser dans toutes les situations sont deux choses différentes.


Alors, la prochaine fois que votre chien semble vous « ignorer », prenez une petite seconde avant de conclure qu’il est désobéissant.


Il est peut-être simplement en train de vous dire, à sa façon, que la situation est plus difficile qu’elle en a l’air.


Et parfois, notre rôle n’est pas de demander davantage au chien, mais plutôt de rendre la réussite un peu plus facile. 😊



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